La polémique sur la rémunération des élus nationaux s’est invitée au lancement officiel, samedi 10 septembre à Kinshasa, du « Manifeste de Kisangani», condensé de grandes lignes du programme du candidat de l’Ecidé à la présidentielle de 2023.

Ce n’est pas demain la fin du débat en cours dans l’opinion sur les émoluments des députés nationaux. Samedi 10 septembre, alors qu’il donnait l’économie de son programme de gouvernement qu’il entend présenter au peuple sur la polémique ambiante autour du «vrai salaire» des députés nationaux sous le pouvoir de Félix Tshisekedi pour solliciter son suffrage aux élections de 2023.

Martin Fayulu

Le leader de l’Ecidé et ancien parlementaire demande au président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, de publier les chiffres des rubriques qui entrent en ligne de compte dans la rémunération des députés nationaux et ainsi clore le débat.

« Que Mr Mboso publie les chiffres : A combien se chiffrent les émoluments des élus du peuple? Les primes diverses ? Les réserves parlementaires ?», s’interroge cet ancien élu de Kinshasa/Tshangu. Martin Fayulu Madidi renvoient aux études ceux de ses compatriotes qui ont voulu établir la comparaison entre les salaires des députés français et congolais.

« Un député français touche en net 7.700 euros à peu près. Les 21 000 dollars que perçoit le député congolais, sont en net, c’est l’argent qu’il met dans sa poche. Il faut qu’on nous apprenne à dire la vérité », dit l’élu de Tshangu. « Je peux comprendre les émoluments, je peux comprendre les primes diverses. Mais pas la réserve parlementaire… ».

Martin Fayulu explique à l’auditoire que la réserve parlementaire désigne, en France, un ensemble de subventions du budget de l’Etat qui permettait aux députés et sénateurs de financer des associations et des collectivités de leur circonscription.

Ayant fait l’objet de nombreuses critiques, cette pratique est abandonnée depuis janvier 2018.

C’est Martin Fayulu qui, le premier, a jeté le pavé dans la marre en divulguant, fin août dernier, le « vrai salaire » des députés sous l’ère Fatshi: 21 500 dollars. Depuis, la polémique est loin de s’estomper sur ces rémunérations, dont la plupart des heureux bénéficiaires sont incapables de chiffrer avec précision et encore moins de justifier.

Selon La Libre Afrique, le speaker de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, reçoit chaque mois entre 17,5 et 20 millions de dollars du Trésor public, pour faire « tourner » l’institution qu’il dirige. « En juin 2022, ce sont 19,8 millions de dollars qui sont sortis des caisses de l’État pour le fonctionnement de l’Assemblée, la caisse de solidarité et les indemnités parlementaires des 500 députés congolais. Un chiffre qui est «tombé» à 17,5 millions en juillet », écrit la Libre Afrique, ajoutant que sur base d’une moyenne depuis le début de l’année, chacun des 500 députés coûte mensuellement la bagatelle de 37 278 dollars. Sur un an, écrit le média, le Parlement Rd congolais coûte au Trésor 384 millions de dollars.

De quoi révolter le leader de l’Ecidé qui déplore que, dans un pays comme la RDC où 70% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, un député soit rémunéré 15 fois plus qu’un professeur d’universités, 30 fois plus qu’un médecin et 200 fois plus qu’un huissier de la fonction publique.

Ce n’est pas tout. « Comment peut-on expliquer qu’un pays en guerre et où les médecins et les professeurs d’université sont en grève, puisse augmenter de plus de 100% la rémunération de ses députés nationaux ? », s’interroge Martin Fayulu.

Le salaire de base des députés n’est toujours pas connu du public. Mais Martin Fayulu parle de la « gabegie et pillage éhonté des finances publiques ».

Reste à savoir si Mboso va accéder à sa requête de rendre public les émoluments des députés.

« Sans intégrité, dit-il, vous ne pouvez rien faire pour votre pays ». Pour mieux se faire entendre de son auditoire du jour, composé en grande partie des membres du « Mouvement des étudiants engagés », Fayulu explique en français facile la gouvernance intègre: « Je prends ce qui m’est dû et je laisse à la société ce qui appartient à la société.» « Et le pays se construirait sans problème », assure-t-il.

Outre l’intégrité, le leader de l’Ecidé parle de la compétence, de la discipline… comme étant des valeurs à acquérir sans perdre de vue des défis majeurs à relever. Dans le « Manifeste de Kisangani », Martin Fayulu parle également de revoir certains articles de la Constitution.

Mais pour demain « bâtir un Congo libre, fort, digne et prospère », qu’il appelle de tous ses vœux, il faut tenir compte des préalables que sont l’Etat de droit, l’intégrité territoriale, la cohésion nationale et la gouvernance intègre.

Par Gédéon Ngango



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