Evariste Ndayishimiye s’oblige de communiquer à son peuple et à l’ensemble de la communauté internationale au sujet du déploiement quasi-clendestin de ses forces armées au Sud-Kivu. Le président burundais a finalement saisi son Parlement avant que son armée ne donne sa toute première communication officielle. Déployée le 15 août 2022 dans la province congolaise du Sud-Kivu, l’armée burundaise essuie énormément de critiques dans son pays et à l’étranger au sujet des réelles motivations de cette opération musclée en République démocratique du Congo. Une opération décidée le 20 juin 2022 au Kenya à l’issue d’un sommet régional des chefs d’État de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC).

Armée Burundaise

Dans sa communication vendredi 26 août à Bujumbura, le porte-parole de l’état-major général de la Force de Défense nationale du Burundi (FDNB), le colonel Biyereke Floribert, a tenu à fixer l’opinion au sujet de cette intervention militaire. “ Le Burundi a envoyé en République démocratique du Congo un contingent de la FDNB pour contribuer au rétablissement de la paix et de la sécurité dans la province du Sud-Kivu. Cet envoi des forces a eu lieu dans le cadre d’une entente bilatérale en attendant le déploiement effectif de la force régionale décidée lors de la réunion des chefs d’État qui s’est tenue au Kenya en date du 20 juin 2022 ”, a-t-il déclaré.

Ndayishimiye court-circuite son Parlement
Déployée le 15 août, c’est seulement le 24 de ce mois que le chef de l’État burundais a finalement saisi le Parlement de son pays pour l’informer de sa décision. “ C’est dans cette optique que le gouvernement du Burundi en collaboration bilatérale avec le gouvernement de la République démocratique du Congo et en vertu de l’article 255 de la Constitution (Burundi) qui précise que “dans les limites déterminées par la Constitution et les lois, seul le président de la République peut autoriser l’usage de la force armée dans l’accompagnement des obligations et engagements internationaux ”, a pris la décision de déployer un contingent au Sud-Kivu”, formalise-t-il vis-à-vis de la représentation nationale du Burundi.

Le président Evariste Ndayishimiye affirme avoir consulté le Conseil national de sécurité burundais, bien que tardivement le 22 août 2022, conformément à la loi burundaise. “Après consultation officielle du Conseil national de sécurité (CNS) le 22 août 2023, tel que le prescrivent l’article 256 de la Constitution et l’article 4 de la loi organique n°1/26 du 6 décembre 2021 portant modification de la loi n°1/23 du 31 août 2008 portant missions, composition, organisation et fonctionnement du Conseil national de sécurité (CNS), nous voudrions vous informer que le Burundi vient de déployer un contingent constitué d’un bataillon d’infanterie dans la province du Sud-Kivu pour une période de trois mois renouvelables”, a-t-il écrit.

Armée Burundaise

L’armée burundaise déjà opérationnelle en RDC
Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sud-Kivu, le Burundi et la République démocratique du Congo ont dû prendre les devants en mutualisant les forces, affirme l’armée burundaise. “ En faisant ainsi, les deux pays s’engagent à restaurer la paix et la sécurité en neutralisant les forces négatives et terroristes qui sèment la désolation dans cette partie de la République démocratique du Congo”, a fait savoir le colonel Biyereke Floribert, porte-parole de la FDNB.

Le mouvement vers la zone d’opération a eu lieu le 15 août 2022 tandis que les opérations proprement dites ont suivi quelques temps après la mise en commun des forces, explique-t-il. Actuellement, “les opérations avancent sans entrave tandis que les forces négatives fuient face à l’avancée de nos soldats”, mentionne le colonel Biyereke Floribert.

Ces forces sont sous le commandement d’un officier supérieur congolais non autrement identifié tandis qu’un officier supérieur burundais dont l’identité n’a pas été révélée est son adjoint. Quant à la logistique et tout le nécessaire pour que les militaires burundais puissent mener à bien la mission sur le sol congolais, le tout est à charge de la République du Burundi, indique la communication de la FDNB.

L’armée burundaise dénonce l’intoxication autour de son déploiement en RDC

Le point de presse du porte-parole de la FDNB a tenu à couper court à toutes les rumeurs jugées sensationnelles faisant état d’un projet d’envahissement de la République démocratique du Congo avec la complicité du Rwanda.

La FDNB demande à la population burundaise et à la communauté internationale de ne pas prêter oreille aux médias, réseaux sociaux et aux organisations qui diffusent de fausses informations au sujet des opérations en cours”, a-t-il indiqué. Pour la FDNB, ces manipulateurs d’informations n’ont d’autres visées que celles d’apporter le soutien aux groupes terroristes.

Par Gédéon Ngango



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