À l’heure où l’on débat volontiers de l’Islam, le médiéviste Philippe Buc met en évidence les racines chrétiennes du bellicisme occidental, des premiers siècles jusqu’à nos jours.

De la guerre des Juifs en 66 jusqu’à l’invasion de l’Irak en 2003, mais aussi la guerre de Sécession, la Première Guerre mondiale, les purges staliniennes ou les attentats de la Fraction Armée rouge, tous les déchaînements de violence sont, en Occident, imprégnés de dialectique chrétienne.

Si la thèse que développe le médiéviste Philippe Buc dans «Guerre sainte, martyre et terreur» peut surprendre, force est de constater que son patient travail d’érudition révèle une continuité entre les premiers âges de la chrétienté et la période contemporaine. Le triptyque du titre lui-même, plus souvent associé au terrorisme islamiste, constitue ainsi un retour aux sources: «L’ambition de cet essai est d’esquisser la manière dont un ensemble de croyances et d’idées faisant plus ou moins système, le christianisme, a laissé son empreinte sur la violence», introduit Buc, soucieux de rappeler que cette plongée dans la «face sombre» du christianisme n’évacue pas son rôle dans l’émergence de courants pacifistes.

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