Un document attribué au cabinet de l’Administrateur Général de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), que certaines sources présentent comme « authentique » et d’autres comme «faux », est en circulation dans les réseaux sociaux depuis plus de 24 heures.

Ledit document fait état, pour l’essentiel, d’un projet d’attentat imminent, à Kinshasa, contre de hautes personnalités civiles et militaires du pays, planifié par un groupe de terroristes. Les probables dates de sa mise à exécution se situeraient entre le jeudi 12 janvier et le mercredi 18 janvier 2023.

Kinshasa

Au-delà de l’alerte se pose une lancinante question : à qui profite la fuite du vrai-faux document «estampillé » ANR ? Plusieurs hypothèses s’entrecroisent à ce sujet. La première est qu’il serait impensable que les donneurs de l’alerte soient eux-mêmes au cœur de la « fuite ». Car, à priori, la déontologie de leur profession leur interdit tout acte susceptible de leur valoir le crime de haute trahison.

La seconde hypothèse est que si le document serait réellement authentique et que la « fuite » serait partie de l’intérieur des « services », cela peut donner à croire que des brebis galeuses travailleraient contre les intérêts de la République. Ces dernières seraient-elles à la manœuvre depuis le changement intervenu à la tête de l’ANR l’année dernière ou seraient-elles engagées dans la fuite des documents depuis belle lurette ?

Pour répondre correctement à ces interrogations, il n’y a qu’une chose à faire : enquêter en interne.
La troisième hypothèse serait une possible faiblesse ou négligence dans la chaîne de transmission des correspondances frappées du sceau du secret. Si tel serait réellement le cas, cela devrait appeler des investigations et des sanctions.

La quatrième hypothèse est que si le document est faux, il faudrait en infiltré que même l’ANR est ciblée par des cybercriminels, manifestement animés de l’intention de nuire à ses cadres et agents. En leur qualité de « liminiers », ceux-ci ont le devoir de déployer tous les moyens requis pour les identifier et les démanteler.

La situation très grave au cas où le réseau de fabricants de faux documents agirait à l’intérieur de ce service d’intelligence. Le pari à gagner serait de tout faire pour le neutraliser sinon le pays serait parti pour une longue période de turbulences sécuritaires.

La rançon de « brassages » et « mixages »

Beaucoup pensent qu’à l’image des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et de la PNC (Police Nationale Congolaise), l’ANR (Agence Nationale de Renseignements) est entrain de payer aussi, depuis l’avènement d’un nouveau leadership à la tête du pays, la rançon des «brassages » et « mixages » à répétition intervenus en son sein, au grès des « accords » entre les différents pouvoirs qui se sont succédé à la tête du pays et leurs « rébellions », entre 2003 (Accord de Sun City) et 2012 (Accord de Nairobi), sans oublier l’Accord du 23 mars 2009.

Il ne faut pas se voiler la face pour admettre que l’ANR est sérieusement infiltrée. D’où, à y regarder de près, on ne devrait pas s’étonner d’assister à des fuites de correspondances et autres actes de sabotage du dispositif de sécurité interne et externe.

Avant le changement intervenu à la tête du pays en janvier 2019, les « infiltrés » n’avaient aucune
crainte d’être démasqués et neutralisés. Aujourd’hui, c’est plus compliqué. Ils sont contraints de mener des actions isolées de nuisance, en comptant sur la naïveté collective. Il appartient à la nouvelle hiérarchie de

penser à nettoyer les écuries, de manière à épargner la République des feuilletons de psychose à la veille d’un grand événement comme l’arrivée du Pape François à Kinshasa.

Par Gédéon Ngango

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