La récente visite de Denis Sassou N’guesso dans la capitale Rd congolaise et son tête-à-tête avec son homologue Félix-Antoine Tshisekedi témoignent encore de ce bon voisinage.

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshisekedi et son homologue du Congo-Brazzaville, Dénis Sassou N’guesso ont longuement échangé le samedi 08 Octobre 2022 à Kinshasa.

Félix Tshisekedi & Denis Sassou-N’guesso

C’est par l’hélicoptère que que le Président Sassou est arrivé au palais présidentiel de Mont Ngaliema, à Kinshasa pour une visite d’amitié et de travail de 24 heures.

Les deux présidents ne se sont pas exprimés devant leurs presses respectives. Mais dans l’entourage des deux dirigeants, on qualifie cette rencontre ” d’un grand enjeu “. La question sécuritaire du pays, particulièrement dans la province de Mai-ndombe et ses conséquences humanitaires ont été parmi les sujets abordés au cours de cette rencontre de travail entre les présidents des deux Congo.

La rencontre a été l’occasion pour les deux chefs d’État de faire un tour d’horizon d’autres questions d’intérêt commun, afin de renforcer la confiance mutuelle entre les deux pays voisins et leurs peuples respectifs.

Kinshasa et Brazzaville partagent la même vision sur plusieurs questions, notamment la sécurité transfrontalière, la gestion des forêts du bassin du Congo et le libre échange.

Ce qu’espèrent les Congolais

La rencontre entre Denis Sassou N’guesso et Félix Tshisekedi a été riche en discussions au regard des dossiers qui impliquent d’une manière ou d’une autre les deux dirigeants. D’après la présidence congolaise, plusieurs questions liées à la coopération bilatérale et régionale ont été aussi évoquées entre les présidents des deux Congo. Parmi les sujets chauds, il y a notamment l’épineux dossier de la résurgence du M23 qui empoisonne les rapports entre Kinshasa et Kigali.

De l’avis de certains Congolais, ce tête-à-tête entre Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’guesso, tenu dans un contexte sécuritaire particulier pour la RDC, marqué notamment par l’occupation de Bunagana par les terroristes du M23 appuyés par l’armée rwandaise , a aussi scruté de près les questions sécuritaires de la RDC, d’autant plus que Denis Sassou Nguesso entretient des bons rapports aussi bien avec Kinshasa qu’avec Kigali.

Pour rappel, le Chef de l’État du Congo Brazzaville avait signé, en mai dernier, une série d’accords avec son homologue rwandais, Paul Kagame, à l’occasion d’une visite de ce dernier à Brazzaville, dont un portait sur la concession de 12 000 hectares de terres cultivables pendant 25 ans.

Cet accord sur l’exploitation des terres inquiète certains analystes congolais d’autant qu’une partie de la concession cédée au Rwanda se trouve en face de l’espace situé entre la commune de Maluku et le territoire de Kwamouth, où des violences d’une barbarie similaire à celle enregistrée depuis plus de vingt ans dans l’Est de la RDC sont enregistrées depuis deux mois , officiellement à cause du conflit interthnique entre les Yaka et les Teke.

Plusieurs officiels congolais, en commençant par le Président de la République, ont dénoncé une main noire derrière ces tueries, évoquant publiquement la possibilité d’une infiltration étrangère.

Aussi, le Congo et le Rwanda sont liés par un autre dossier, concernant 8000 Rwandais en situation irrégulière au pays après avoir perdu leur statut de réfugié en 2017.

Pour toutes ces raisons et d’autres, certains Congolais espèrent que Félix Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso ont également évoqué la question des terres congolaises (Brazza) cédées au Rwanda afin de tirer toutes les conséquences possibles.

Pour le bassin du Congo

Il faut également souligner que dans leur coopération, les deux Congo sont aussi liés par la question de la gestion des forêts du bassin du Congo. Le Congo-Brazzaville a même un portefeuille ministériel dédié à cette question. La RDC également tente d’imposer son leadership naturel sur cette question. Elle a élevé le ministère de l’Environnement au rang de la vice-primature et vient d’organiser la pre-COP 27.

Les ministres des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC, que dirige Félix Tshisekedi) ont d’ailleurs adopté une position commune à défendre à Charm el-Cheikh, ville balnéaire égyptienne qui va abriter la dite conférence sur les changements climatiques.

Par Gédéon Ngango




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