Des affrontements violents ont éclaté à l’aube de ce vendredi 10 avril dans l’Est de la République démocratique du Congo, illustrant une nouvelle fois la fragilité sécuritaire persistante dans la région. Les combats ont opposé les troupes de l’AFC/M23 aux combattants wazalendo dans les localités de Mahanga et Kilongo, situées dans le secteur d’Osso Banyungu, en territoire de Masisi (Nord-Kivu).

Selon plusieurs sources concordantes, les hostilités ont débuté dès 5 heures du matin. Pendant plusieurs heures, des tirs nourris d’armes lourdes et légères ont retenti, plongeant les populations civiles des villages environnants dans la panique. Situées à proximité de Buhimba, dans le territoire voisin de Walikale, ces agglomérations occupent une position stratégique à la jonction de deux zones régulièrement disputées pour leur importance sécuritaire et territoriale.

Dans le même temps, plus au sud, la situation a connu un retournement rapide. La cité de Tushunguti, chef-lieu du groupement Ziralo, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu), est repassée sous le contrôle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les wazalendo. Cette reconquête intervient moins de 48 heures après la prise de la localité par les éléments de l’AFC/M23, survenue le 7 avril à l’issue de violents combats.

Cette succession d’affrontements et de contre-offensives intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. À l’approche d’une nouvelle session de négociations prévue à la mi-avril en Suisse, l’AFC/M23 a confirmé sa participation. Par la voix de son porte-parole, Lawrence Kanyuka, le mouvement affirme s’engager dans les discussions « dans un esprit de responsabilité » et en faveur d’une issue pacifique à la crise.

Toutefois, cette volonté affichée contraste avec la réalité sur le terrain. Le groupe rebelle accuse simultanément l’armée congolaise de mener des attaques dans les zones qu’il contrôle, ravivant les tensions à la veille de pourparlers jugés décisifs.

Ces discussions, convoquées conjointement par les États-Unis et le Qatar, suscitent de vifs espoirs, mais aussi des doutes, alors que les combats se poursuivent et que les populations civiles continuent d’en payer le prix.


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