Le président congolais Félix Tshisekedi a ravivé le débat politique en République démocratique du Congo lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 6 mai. Entre ouverture à un éventuel troisième mandat, réforme constitutionnelle et situation sécuritaire dans l’Est du pays, plusieurs déclarations du chef de l’État suscitent déjà de vives réactions au sein de la classe politique.

« Si le peuple veut que je fasse un 3ᵉ mandat, j’accepterai », a déclaré Félix Tshisekedi, laissant entrevoir la possibilité d’une nouvelle candidature, alors que la Constitution congolaise limite actuellement le mandat présidentiel à deux quinquennats.

Le chef de l’État s’est également dit favorable à un changement de la Constitution par voie référendaire. Une annonce qui alimente les interrogations, surtout après ses propos affirmant qu’il n’y aurait pas d’élections en 2028 si la guerre persistait dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

« Il n’y aura pas d’élections sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu », a insisté Félix Tshisekedi. Une position qui soulève toutefois des contradictions relevées par plusieurs observateurs, le référendum étant lui-même un processus électoral. Des questions émergent ainsi sur la possibilité d’organiser une consultation populaire dans un contexte sécuritaire toujours instable dans l’Est du pays.

Le président congolais a par ailleurs affirmé que « Dieu seul sait » quand les forces rwandaises quitteront le territoire congolais, évoquant une situation sécuritaire encore imprévisible malgré les initiatives diplomatiques en cours.

Sur le plan médiatique, Félix Tshisekedi a appelé les journalistes à « devenir des patriotes », estimant que les médias ont un rôle important à jouer dans le contexte actuel marqué par la guerre et les tensions politiques.

Ces déclarations ont rapidement provoqué des réactions dans l’opposition. L’opposant en exil André Claudel Lubaya, proche du mouvement Sauvons la RDC de Joseph Kabila, a rappelé que l’élection présidentielle de décembre 2023 avait été organisée sans plusieurs entités de l’Est du pays, notamment Bunagana, tombée sous contrôle du M23 depuis juin 2022.

Dans une réaction critique, André Claudel Lubaya estime qu’« aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit ». Selon lui, invoquer la volonté du peuple pour justifier un éventuel troisième mandat constituerait une « duperie » et pourrait relever de la « haute trahison ».


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