La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a dirigé, lundi à Kinshasa, une réunion d’urgence consacrée à l’examen de la situation humanitaire, sécuritaire et institutionnelle dans la ville d’Uvira, située dans la province du Sud-Kivu, selon un communiqué officiel du gouvernement.
La rencontre s’est déroulée à l’immeuble du gouvernement, alors même que la journée avait été déclarée chômée, illustrant l’urgence et la gravité de la crise qui affecte cette zone de l’est de la République démocratique du Congo.
Autour de la cheffe du gouvernement étaient réunis plusieurs membres clés de l’exécutif, dont le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale, le ministre de la Formation professionnelle assurant l’intérim au ministère de la Justice, ainsi que les ministres des Finances et de la Communication et Médias. Le ministre délégué aux Affaires étrangères en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, des responsables des services de sécurité, de la Direction générale de migration (DGM) et des experts humanitaires ont également participé aux travaux.
S’exprimant à l’issue de la réunion, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a indiqué qu’il s’agissait de « la première d’une série de rencontres » destinées à assurer une meilleure évaluation de la situation et une coordination efficace des actions gouvernementales à court et moyen termes, sous l’autorité directe de la Première ministre.
Les échanges ont accordé une place centrale à la restauration de l’autorité de l’État à Uvira. Le gouvernement a souligné l’importance d’une réinstallation progressive et effective des services publics, une fois la sécurisation de la ville et de ses environs assurée par les Forces armées de la RDC (FARDC) et la Police nationale congolaise (PNC).
« Les annonces ne suffisent pas. Il est essentiel de garantir le retour réel et fonctionnel des services de l’État », a insisté Patrick Muyaya, précisant que le retour du gouverneur et des autorités provinciales interviendra uniquement lorsque les conditions sécuritaires seront jugées satisfaisantes.
La situation humanitaire a également fait l’objet d’un examen approfondi. Les chiffres présentés font état d’environ 267.000 réfugiés et personnes déplacées, parmi lesquelles près de 12.000 enfants non accompagnés. Les autorités ont averti qu’aucun mouvement de retour massif ne sera autorisé sans évaluations préalables, notamment en ce qui concerne l’état des habitations et des infrastructures essentielles.
Enfin, la question de la justice et de la lutte contre l’impunité a été abordée. Le gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre les auteurs des crimes commis à Uvira, tout en appelant à la cohésion sociale et au rejet de toute forme de stigmatisation communautaire.
Cette réunion marque le début d’un dispositif de coordination gouvernementale renforcée, destiné à apporter une réponse globale, structurée et durable à la crise que traverse la ville d’Uvira.
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