La tension diplomatique autour de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) s’est intensifiée mercredi lors de la 10136ᵉ séance du Conseil de sécurité de l’ONU. Les États-Unis ont exprimé une vive déception à l’égard du Rwanda, accusé d’alimenter l’instabilité dans la région, tout en appelant à un retrait immédiat de ses forces du territoire congolais.
Washington a également adressé un message clair à Kinshasa, exigeant la neutralisation « sans délai » des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé actif dans l’est du pays. Les autorités américaines ont averti que des sanctions pourraient viser tout acteur entravant le processus de paix en cours.
Dans ce contexte tendu, la France a réaffirmé avec fermeté un principe qu’elle juge « non négociable » : le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Une position qui s’inscrit dans la ligne d’une communauté internationale de plus en plus préoccupée par l’enlisement du conflit.
Le Royaume-Uni, pour sa part, a élargi le débat en pointant les atteintes aux libertés politiques et civiques dans certaines zones des Grands Lacs. Londres a dénoncé des arrestations arbitraires et la détention de membres de l’opposition dans plusieurs États de la région, appelant à un climat politique plus ouvert et respectueux des droits fondamentaux.
Face aux accusations, le Rwanda s’est défendu par la voix de son représentant adjoint, Robert Kayinamura. Celui-ci a dénoncé une montée des discours de haine et des violences ciblant les communautés rwandophones en RDC, en particulier les Banyamulenge, souvent considérés comme des étrangers. Selon Kigali, ces dérives compromettent les efforts de paix régionaux et traduisent une application « sélective » des engagements pris dans le cadre des accords de coopération régionale.
La riposte congolaise ne s’est pas fait attendre. L’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a rejeté les justifications sécuritaires avancées par le Rwanda, les qualifiant d’infondées. Dans une déclaration incisive, il a ironisé sur la capacité de Kigali à prétendre protéger les nombreuses communautés congolaises, tout en accusant le Rwanda de poursuivre des intérêts économiques. Kinshasa pointe notamment les exportations rwandaises de minerais critiques, qu’elle considère comme la preuve d’une exploitation illégale des ressources congolaises.
Cette nouvelle passe d’armes diplomatique illustre la profondeur des divergences entre les deux pays, sur fond de conflit persistant dans l’est de la RDC. Malgré les appels répétés à la désescalade, la situation reste volatile, et les perspectives de paix durable demeurent incertaines.
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