En République démocratique du Congo, le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution continue d’alimenter la scène politique. La récente déclaration du ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, est venue raviver les tensions.
Lors de la plénière du mercredi 8 avril à l’Assemblée nationale, le ministre a affirmé que le président Félix Tshisekedi ne serait pas simplement investi d’un mandat, mais d’une mission : celle de faire de la RDC une grande puissance agricole.
« Le Chef de l’État a une mission et non un mandat de faire de la RDC une grande puissance agricole. Nous lui donnerons suffisamment de temps pour réaliser cette mission », a-t-il déclaré devant les députés nationaux.
Des propos qui n’ont pas tardé à susciter des réactions au sein de la société civile et des mouvements citoyens, dans un contexte déjà marqué par une forte sensibilité autour du respect de la Constitution.
L’activiste Fred Bauma a rapidement dénoncé une lecture qu’il juge dangereuse du rôle présidentiel. « Peu importe la mission qu’on lui donne ou qu’il se donne, le chef de l’État a un mandat de 5 ans, renouvelable une fois », a-t-il rappelé, insistant sur les limites constitutionnelles du pouvoir présidentiel. Il a également évoqué Pierre Lumbi, mentor de Nzangi, suggérant une inquiétude face à cette prise de position.
Même tonalité du côté de Bienvenu Matumo, membre du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (Lucha). Réagissant publiquement, il a rappelé que le second et dernier mandat de Félix Tshisekedi court jusqu’au 20 décembre 2028, conformément à la Constitution.
Ces échanges illustrent les lignes de fracture persistantes autour de la question constitutionnelle en RDC. Entre interprétations politiques et rappel strict des textes, le débat reste vif et pourrait continuer à structurer l’actualité politique dans les mois à venir.
En savoir plus sur Wab-infos
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



























































