De violents affrontements opposant les milices Wazalendo aux rebelles de la coalition AFC-M23 secouent depuis tôt le matin, ce mercredi 12 novembre, le groupement de Bukombo, dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Ces combats, parmi les plus intenses de ces dernières semaines, provoquent de nouveaux déplacements massifs de civils et ravivent la tension dans cette région déjà meurtrie par les violences armées.
Selon plusieurs sources locales, les hostilités ont éclaté lundi dans les villages de Mashango, Kanyatsi, Kibwe et leurs environs. Des tirs nourris d’armes lourdes et légères ont été entendus tout au long de la journée. Les affrontements opposent d’un côté les Wazalendo, milices d’autodéfense locales regroupées au sein du collectif CMC-FDP, et de l’autre les combattants de l’AFC-M23.
Des témoins font état de maisons incendiées et de fuites massives de civils vers Bukombo centre et les villages voisins.
« On a passé la nuit dans la brousse, les bombes tombaient tout près de nos maisons », confie un habitant joint par téléphone.
Des bilans encore incertains
Le nombre exact de victimes reste difficile à confirmer. Des sources humanitaires locales évoquent plusieurs civils tués et des blessés, tandis que des rapports non officiels parlent d’« une vingtaine de morts » dans les localités de Ruza et Mushababwe le 12 octobre dernier. L’armée congolaise n’a pas encore communiqué de bilan officiel sur ces récents affrontements.
Une zone stratégique disputée
Le groupement de Bukombo se trouve au cœur d’une zone stratégique reliant Kitshanga à Kanyabayonga, un axe vital pour le contrôle du territoire de Rutshuru. Depuis le début de l’année, cette région est le théâtre d’une recrudescence des combats entre le M23 et diverses milices locales, chacune cherchant à renforcer sa présence sur le terrain.
Les combats de cette semaine s’inscrivent dans une série d’affrontements observés depuis septembre 2025, notamment à Lurere, Makomalehe et Kashavu, où les Wazalendo avaient tenté de reprendre plusieurs positions tenues par le M23.
Crainte d’une nouvelle crise humanitaire
Les conséquences humanitaires sont déjà préoccupantes. Les habitants n’ont plus accès à leurs champs, les écoles sont fermées et les axes routiers deviennent impraticables à cause des combats. Des milliers de familles auraient déjà fui vers Kitshanga, Kibirizi et Kanyabayonga, selon les autorités locales.
Les organisations humanitaires alertent sur le risque d’une crise alimentaire et sanitaire si les combats se prolongent. L’accès des ONG à certaines zones demeure quasi impossible, en raison de l’insécurité persistante.
Appel au calme
Des leaders communautaires et des acteurs de la société civile appellent les parties en conflit à cesser les hostilités et à privilégier le dialogue.
« Chaque nouvelle offensive détruit un peu plus ce qui reste de la confiance entre les communautés », déplore un responsable local de la société civile de Bwito.
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