Le procès de Philémon Yav a pris une tournure inattendue ce mardi devant la Haute Cour militaire. Appelé à la barre en qualité de renseignant, le lieutenant-général Fall Sikabwe Asinda, directeur général de l’AFRIDEX, a livré un témoignage qui contraste avec les accusations portées par l’auditorat général.

Alors que l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense est poursuivi pour trahison, notamment pour collusion présumée avec des éléments rwandais, le haut gradé l’a plutôt dépeint comme une « véritable bête noire » de l’armée rwandaise. Selon lui, Kigali aurait, à plusieurs reprises, tenté d’éliminer Philémon Yav en raison de son engagement sur le terrain.

Procès Yav : présenté comme cible du Rwanda, l’ex-patron de la 3ᵉ zone de défense contre-attaque devant la Haute Cour militaire 1
Procès Yav : présenté comme cible du Rwanda, l’ex-patron de la 3ᵉ zone de défense contre-attaque devant la Haute Cour militaire 3

Revenant sur des épisodes qu’il qualifie de marquants, le lieutenant-général Fall Sikabwe a affirmé que l’animosité des autorités rwandaises envers l’officier congolais « date de longue date ».

Il a notamment évoqué un ultimatum lancé en 2022, au Nord-Kivu, par le Rwanda contre six officiers généraux congolais engagés dans les opérations militaires. Ces derniers auraient été sommés de se retirer immédiatement, sous peine d’être exécutés.

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Procès Yav : présenté comme cible du Rwanda, l’ex-patron de la 3ᵉ zone de défense contre-attaque devant la Haute Cour militaire 4

Parmi les officiers cités figurent le lieutenant-général Constant Ndima, le lieutenant-général Yav Irung Philémon, le général-major Peter Cirimwami, le général-major Sylvain Ekenge, le général de brigade Tshinkobo Mulamba Ghislain et le général de brigade John Chinyabuguma.

Ces propos ont été vivement contestés par le ministère public. Pour l’organe de poursuite, l’argument selon lequel le prévenu serait pris pour cible par le Rwanda relèverait d’une stratégie de diversion visant à éluder toute démonstration d’un éventuel lien avec ce pays. De leur côté, les avocats de la défense ont répliqué, soutenant qu’aucune preuve ne permet d’établir la moindre connexion entre leur client et le Rwanda.

Ce témoignage, qui vient fragiliser la thèse d’une collusion avec l’ennemi, pourrait peser dans la suite des débats. Le procès se poursuit dans un climat de fortes tensions, sur fond de guerre persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.


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