La République démocratique du Congo fait face à une action judiciaire de grande ampleur aux États-Unis. La société américaine PayServices Bank, une banque et entreprise de fintech basée dans l’Idaho, a saisi la Cour fédérale du district de l’Idaho pour violation de contrat et interférence délictueuse, à la suite de la résiliation d’un projet de digitalisation de l’économie congolaise.
Selon la plainte enregistrée le 8 janvier 2026 sous le numéro 1:2026cv00009, PayServices affirme avoir signé un contrat légal avec le gouvernement congolais visant à moderniser les systèmes financiers du pays, notamment à travers des solutions de paiement numérique et de gestion des finances publiques. Un projet stratégique, présenté comme un levier majeur de modernisation économique pour la RDC.
Mais après la signature de l’accord, la société américaine affirme avoir été confrontée à des exigences de pots-de-vin émanant de hauts responsables congolais. Face à son refus de se plier à ces pratiques, le contrat aurait été résilié unilatéralement, entraînant d’importantes pertes financières.
Des personnalités de premier plan citées
Outre l’État congolais et le ministère du Portefeuille, la plainte cite nommément plusieurs responsables de haut niveau, issus notamment des sphères financières et économiques. Ces derniers sont accusés d’avoir activement interféré dans l’exécution du contrat à des fins jugées illégales par le plaignant.
PayServices évoque une violation flagrante de contrat, des tentatives de corruption, ainsi qu’un schéma d’interférence délictueuse ayant saboté un accord pourtant déjà engagé. L’entreprise affirme disposer de preuves internes étayant ses accusations.
Un litige aux montants vertigineux
Les montants réclamés varient selon les sources. Certaines font état d’une demande initiale de 72 millions de dollars, correspondant aux investissements et préjudices directs. D’autres évaluations évoquent un contentieux pouvant atteindre 4 milliards de dollars, en intégrant les profits escomptés et la valeur globale d’un projet destiné à transformer durablement l’économie congolaise.
Le plaignant a par ailleurs requis un procès avec jury, une option rare dans les contentieux impliquant des États étrangers.
Un impact politique et diplomatique majeur
Cette affaire survient dans un contexte diplomatique délicat pour Kinshasa. Le président Félix Tshisekedi s’efforce depuis plusieurs années de renforcer la coopération avec les États-Unis, notamment sur les questions sécuritaires dans l’est du pays et sur l’attractivité économique de la RDC.
Ces accusations de corruption risquent toutefois de fragiliser l’image du pays auprès des investisseurs internationaux, tout en ravivant les critiques sur la gouvernance et la lutte contre la corruption, malgré les réformes annoncées par les autorités.
Aux États-Unis, le dossier pourrait également attirer l’attention d’instances fédérales spécialisées dans la lutte contre la corruption transnationale.
Une procédure à ses débuts
À ce stade, aucune audience n’a encore été programmée. Les défendeurs disposent de plusieurs semaines pour répondre à la plainte. L’évolution de cette procédure judiciaire, suivie de près par les milieux diplomatiques et économiques, pourrait avoir des répercussions durables sur les relations entre Washington et Kinshasa.
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