Le Rwanda a réagi ce dimanche aux déclarations du président français Emmanuel Macron concernant la fermeture persistante de l’aéroport international de Goma, passé sous contrôle du M23 depuis plusieurs mois. Dans un message publié sur son compte X, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier J. P. Nduhungirehe, a dénoncé une annonce “prématurée” et rappelé qu’aucune décision ne pouvait être prise sans l’accord des acteurs directement impliqués sur le terrain.

La veille, lors de l’ouverture du sommet du G20 en Afrique du Sud, Emmanuel Macron avait reproché au M23 et “à ceux qui détiennent l’aéroport” de ne pas avoir fait les efforts nécessaires pour permettre sa réouverture, estimant que “toutes les conditions administratives ont pourtant été prises par la RDC”.

Ces propos ont immédiatement suscité une réaction à Kigali. Pour Olivier Nduhungirehe, la sortie de Macron omet un élément central : l’aéroport de Goma se trouve dans une zone contrôlée par le M23, et aucune décision ne peut être prise sans tenir compte de cette réalité.

“On ne rouvre pas un aéroport depuis Paris”

Dans sa mise au point, le chef de la diplomatie rwandaise souligne que la réouverture de l’infrastructure ne relève pas uniquement d’une décision politique prise à distance.

« On ne peut pas rouvrir un aéroport depuis Paris alors que les acteurs qui le contrôlent ne sont pas à la table. Il n’y a aucun consensus à ce stade.”

Nduhungirehe rappelle également que le dossier de l’aéroport est directement lié au processus de paix en cours à Doha, où des discussions continuent entre la RDC, le M23 et plusieurs médiateurs régionaux et internationaux.

Doha, passage obligé

Pour Kigali, toute avancée sur le dossier de Goma doit impérativement passer par le cadre des négociations de Doha.

Le ministre rwandais insiste :

• aucune décision technique ne peut se substituer à une solution politique,

• la réouverture de l’aéroport doit être abordée comme une mesure de confiance,

• et toute initiative unilatérale pourrait compromettre les discussions en cours.

Cette position tranche avec la volonté affichée par Paris d’accélérer le retour des opérations humanitaires via l’aéroport, présenté par Emmanuel Macron comme un levier essentiel pour soulager les populations civiles dans l’Est de la RDC.

Un dossier hautement sensible

La question de l’aéroport de Goma dépasse largement le cadre humanitaire :

• Sur le terrain, l’infrastructure reste un atout stratégique majeur pour le M23.

• Pour Kinshasa, sa réouverture sous contrôle rebelle est inacceptable.

• Pour Kigali, négliger les réalités du contrôle territorial risque de fragiliser tout progrès diplomatique.

En toile de fond, les tensions restent vives entre la RDC, le Rwanda et le M23, malgré les efforts entrepris par plusieurs médiations internationales.


En savoir plus sur Wab-infos

Subscribe to get the latest posts sent to your email.