Le jeune opposant et activiste politique congolais Nathanaël Onokomba a été transféré à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Son dossier, constitué par le Conseil national de cyberdéfense, a été officiellement transmis au parquet militaire, qui retient contre lui une série de chefs d’accusation jugés particulièrement graves.
Selon les autorités, Nathanaël Onokomba est poursuivi pour incitation ou provocation à la commission d’actes terroristes, ainsi que pour apologie de ces actes. Il lui est également reproché d’avoir initié et propagé de fausses informations par le biais de supports électroniques, notamment sur les réseaux sociaux.
Les poursuites vont plus loin. L’activiste est aussi accusé de négation, de minimisation grossière, d’approbation ou de justification de crimes internationaux, y compris des violences sexuelles, ainsi que de propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Des infractions prévues et réprimées par l’article 206 du Code pénal militaire, qui sanctionne notamment l’apologie du terrorisme et des crimes contre l’humanité.
Ces accusations interviennent dans un contexte marqué par une dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, où les violences armées continuent de faire de nombreuses victimes. Un climat qui, selon les autorités, impose une vigilance accrue face aux discours susceptibles d’alimenter l’instabilité ou de menacer la sécurité nationale.
Du côté de la société civile et des proches de l’opposant, le ton est tout autre. Plusieurs activistes et soutiens de Nathanaël Onokomba dénoncent ce qu’ils qualifient d’instrumentalisation de la justice militaire. Ils estiment que ces poursuites visent avant tout à réduire au silence une voix critique à l’égard du pouvoir en place, dans un contexte de resserrement de l’espace civique et politique.
Alors que l’affaire est désormais entre les mains de la justice militaire, elle relance le débat sur la liberté d’expression, l’usage des lois sécuritaires et les limites entre la protection de l’État et le respect des droits fondamentaux en RDC.
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