Dans son rapport annuel 2025-2026, la Commission électorale nationale indépendante dresse un constat sans détour : le cadre légal électoral congolais montre des signes d’essoufflement et nécessite une refonte en profondeur. Au cœur des préoccupations, des failles structurelles persistantes, notamment dans la loi sur l’identification et l’enrôlement des électeurs. L’institution pointe l’exclusion des Congolais en séjour temporaire à l’étranger ainsi que l’absence de mécanismes adaptés pour les déplacés internes, pourtant de plus en plus nombreux.
La CENI met également en cause les limites de la loi électorale issue du cycle de décembre 2023. Le système proportionnel au plus fort reste, censé garantir une représentation équitable, est jugé peu compatible avec les exigences de stabilité gouvernementale. Une critique qui relance le débat sur l’équilibre entre représentativité démocratique et efficacité politique.
Mais au-delà des contraintes techniques, les difficultés prennent une tournure ouvertement politique. Au sein de l’Union sacrée de la nation, plusieurs voix s’élèvent pour remettre en question la faisabilité du calendrier constitutionnel. En ligne de mire : l’insécurité persistante dans l’Est du pays et ses conséquences humanitaires.
Le Professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, Premier vice-président de l’Assemblée nationale, a publiquement défendu l’idée qu’un scrutin crédible ne peut se tenir en période de conflit. Il évoque notamment les millions de Congolais déplacés ou contraints à l’exil, privés de leur droit de vote. « Une élection apaisée ne peut se tenir que dans des conditions de paix », a-t-il insisté, rejetant toute accusation de « glissement » du calendrier électoral et comparant la situation à celle de l’Ukraine, confrontée elle aussi à l’impossibilité d’organiser des élections en pleine guerre.
À l’horizon 2028, la question électorale dépasse donc largement les capacités techniques de la CENI. Elle s’inscrit désormais dans une équation plus complexe, mêlant sécurité, inclusion citoyenne, volonté politique et ressources financières. À la clôture du rapport, une incertitude demeure : la République démocratique du Congo saura-t-elle réunir les conditions nécessaires pour garantir un processus électoral crédible et inclusif ?
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