Pendant plus de quatre ans, une mère de famille s’est fait passer pour une jeune fille afin de prendre et garder le coeur d’un adolescent. Pour son crime, Mélanie Lévesque, 44 ans, purgera deux années de pénitencier.
La femme, sans antécédent judiciaire jusque là, a plaidé coupable à une accusation de leurre informatique. Son crime s’est étalé sur pas moins de 51 mois. Mélanie Lévesque rencontre le jeune de 13 ans Louis, à Québec. Le jeune sportif fait partie de son entourage élargi.

La femme décide de se créer un faux profil d’adolescente sur Facebook ainsi que sur l’application de messagerie instantanée SnapChat. Cette fausse adolescente se met à écrire à Louis. Au fil des conversations, la «jeune fille» développe des sentiments amoureux. Louis s’éprend aussi de sa correspondante. La fausse adolescente et le jeune homme se donnent des rendez-vous, mais des imprévus empêchent à chaque fois les rencontres. «Pour la victime, l’histoire est bien réelle, il y croit fermement», insiste le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec, dans sa décision sur la peine.
L’accusée augmente progressivement son emprise et use de plusieurs stratagèmes, elle «tisse sa toile» pour «monopoliser le développement affectif et amoureux du jeune homme», écrit le juge Tremblay.
Pendant des mois, Mélanie Lévesque manipule sa propre famille et celle de la victime pour cacher son crime. Elle va même créer un deuxième profil d’adolescente, une «amie» de la première, pour rassurer le jeune homme et ses parents.
Durant les 18 derniers mois de la relation virtuelle, Mélanie Lévesque et l’adolescent s’échangent de nombreux messages à tous les jours. Le ton change au cours de la dernière année, observe le juge. Mélanie Lévesque demande et obtient de l’adolescent une quinzaine de photos et trois vidéos, dont une séance de masturbation. Elle va aussi transmettre à Louis 80 photos et une dizaine de vidéos explicites.

En mars 2021, à la veille de ses 18 ans, Louis découvre le stratagème. Mélanie Lévesque sera arrêtée quelques mois plus tard. Elle a plaidé coupable en juin 2021, un plaidoyer de culpabilité qui a une certaine valeur, note le juge, puisque les conversations éphémères n’avaient pas été conservées.
Adolescence perdue, la procureure de la Couronne Me Andréanne Sirois réclamait une peine de quatre ans de pénitencier pour un crime avec un degré de manipulation psychologique très élevé, qui a causé un tort irréparable à Louis, à une étape cruciale de son développement, plaidait la poursuite.
Le jeune homme a dit avoir l’impression d’avoir perdu son adolescence. Pendant plus de quatre ans, il n’a pas entretenu de relations amoureuses avec personne. Son estime de lui-même a été écorchée. Il s’est mis à consommer, à avoir des idées noires. Toute la famille a été grandement perturbée par le crime, a expliqué le ministère public.
Depuis son arrestation, Mélanie Lévesque a vu son couple éclater et a perdu son travail. Ses relations avec ses enfants sont ardues. Elle dit avoir vécu la perte de sa relation avec Louis comme un véritable peine d’amour.
Après sa peine de prison, Mélanie Lévesque sera en probation durant trois ans. Elle sera aussi inscrite pour 20 ans au registre des délinquants sexuels et ne pourra pas utiliser les réseaux sociaux pour une durée de 5 ans.
Par Gédéon Ngango
Avec le Quotidien
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