La tension monte d’un cran entre les autorités provinciales du Nord-Kivu et le député national Crispin Mbindule. Au cœur de la controverse : une demande d’investigation adressée le 7 mai par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, à l’ANR de Beni contre l’élu de Butembo, Crispin Mbindule Mitono. Le document, transmis également au ministère de la Défense et à l’Assemblée nationale, accuse le parlementaire d’atteinte à la sécurité provinciale à travers des rencontres présumées avec un groupe armé et des déclarations jugées hostiles à l’autorité provinciale.
Cinq griefs sont retenus contre le député, notamment la diffamation, l’incitation à la révolte et la propagation de faux bruits. S’appuyant sur le contexte de l’état de siège en vigueur dans la province, le gouverneur sollicite la levée des immunités parlementaires de l’élu ainsi que des mesures conservatoires urgentes à son encontre.
Mais l’intéressé rejette catégoriquement les accusations. Face à la presse mercredi 13 mai, Crispin Mbindule a dénoncé ce qu’il considère comme une manœuvre d’intimidation politique visant à museler les voix favorables à une réforme constitutionnelle dans l’Est de la RDC.
Selon lui, son récent passage à Butembo avait pour unique objectif de sensibiliser la population autour du débat sur le changement de la Constitution, à travers plusieurs émissions radiophoniques synchronisées. « Je suis allé à Butembo avec un message du changement de la Constitution. La population a accueilli favorablement ce message », a-t-il déclaré, affirmant que les incidents évoqués par le gouverneur seraient le fait d’un « petit groupe manipulé ».
Le député a également rejeté toute proximité avec des groupes armés, précisant que les aides en vivres qu’il a apportées étaient destinées aux FARDC et aux combattants Wazalendo engagés sur les lignes de front.
Dans une sortie au ton particulièrement offensif, l’élu de Butembo a rappelé son passé commun avec le gouverneur militaire, évoquant leurs années universitaires et leur engagement dans une même association de jeunesse opposée à l’agression rwandaise. Il accuse toutefois le gouverneur d’avoir changé de camp politique après avoir rejoint le RCD.
Défiant ouvertement l’autorité provinciale, Crispin Mbindule a appelé le gouverneur à un débat public plutôt qu’à des démarches sécuritaires. « Au lieu d’écrire aux services de renseignements, je l’appelle à venir dans un débat public », a-t-il lancé, promettant de défendre publiquement sa position contre la Constitution actuelle.
Cette nouvelle confrontation illustre les profondes fractures politiques qui traversent le Nord-Kivu, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par l’activisme des groupes armés et les tensions autour des réformes institutionnelles. Jusqu’à présent, le gouvernorat militaire du Nord-Kivu n’a pas officiellement réagi aux déclarations du député.
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