La République démocratique du Congo connaît une recrudescence des restrictions visant les voix critiques, alerte l’organisation Human Rights Watch dans un rapport publié le 12 mai 2026.

L’ONG y dénonce une multiplication des arrestations arbitraires, des détentions prolongées et des actes de harcèlement ciblant des journalistes, des militants de la société civile ainsi que des opposants politiques.

Selon le rapport, cette situation intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques internes et l’insécurité persistante dans l’est du pays, notamment en lien avec les activités du groupe armé M23 et les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle susceptible de prolonger le mandat présidentiel.

Entre janvier et mai 2026, les chercheurs de Human Rights Watch ont recueilli des témoignages de journalistes, d’acteurs de la société civile et de membres de l’opposition. Plusieurs violations des libertés fondamentales auraient été documentées, notamment lors de manifestations pacifiques.

À Kinshasa, une manifestation opposée à un projet de modification de la Constitution a été dispersée le 24 mars 2026 par la police à l’aide de gaz lacrymogène. Plusieurs manifestants ont été interpellés avant d’être relâchés quelques jours plus tard, selon des sources de l’opposition.

Le rapport fait également état de cas de détention prolongée sans inculpation. À Kisangani, un activiste de la société civile aurait été détenu plusieurs semaines dans des conditions difficiles. Un journaliste local aurait, quant à lui, été interrogé puis maintenu en détention durant plusieurs jours par les services de sécurité, soupçonné de liens avec des groupes armés.

Human Rights Watch évoque aussi des pressions exercées contre certains journalistes critiques envers les autorités. Certains affirment avoir été contraints de se cacher après des visites présumées des services de renseignement.

L’organisation souligne par ailleurs la persistance de poursuites judiciaires et de détentions visant plusieurs figures de l’opposition, souvent sur fond d’accusations liées à la sûreté de l’État ou à des critiques du pouvoir.

Face à cette situation, Human Rights Watch appelle les autorités congolaises à mettre fin aux arrestations arbitraires, à garantir les libertés d’expression et de manifestation, et à libérer toutes les personnes détenues sans fondement légal.

L’ONG rappelle enfin que la RDC reste tenue par ses engagements internationaux en matière de protection des droits fondamentaux, notamment les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Cette alerte intervient alors que la situation sécuritaire et politique demeure particulièrement tendue dans plusieurs provinces de l’est du pays, où les conflits armés continuent d’alimenter les déplacements de populations et les préoccupations humanitaires.


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