Le président kenyan William Ruto a refusé de signer un projet de loi de finances très controversé qui a déclenché des manifestations meurtrières dans tout le pays, et l’a renvoyé au parlement pour qu’il y apporte des amendements. Cette décision, rapportée par les médias locaux, notamment The Star et KTN News, a plongé le pays dans une situation de crise sans précédent.

La situation a dégénéré mardi lorsque la police a ouvert le feu sur la foule rassemblée autour du parlement, entraînant des émeutes et des violences majeures. Les manifestants, en grande partie composés de jeunes, ont ensuite fait irruption dans les bâtiments du parlement quelques minutes après que les législateurs aient voté des hausses d’impôts visant à collecter 2,7 milliards de dollars supplémentaires. Ces événements ont provoqué des affrontements qui ont fait au moins 23 morts et des dizaines de blessés.

De Manifestants contre William Ruto

Les manifestants kenyans ont promis de continuer leurs actions contre les nouvelles hausses d’impôts, même après les violents affrontements devant le parlement et dans tout le pays. Le journal The Star a rapporté que des sources proches du bureau de M. Ruto ont confirmé que le président avait proposé une série d’amendements que les parlementaires devront examiner. Ces amendements visent à apaiser les tensions et à répondre aux préoccupations des citoyens qui voient dans ces hausses d’impôts une menace pour leur pouvoir d’achat et leur bien-être économique.

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Depuis son arrivée au pouvoir il y a près de deux ans, William Ruto fait face à de nombreux défis, mais cette crise fiscale est sans doute la plus grave. Le projet de loi de finances de 2024, qui prévoyait des hausses d’impôts sur des biens essentiels tels que le pain et l’assurance automobile, a été perçu comme un fardeau supplémentaire pour une population déjà éprouvée par des difficultés économiques.

Le rejet du projet de loi par Ruto intervient après des semaines de discussions intenses au sein du gouvernement et de la société civile. Les critiques affirment que les hausses d’impôts sont injustes et pèsent lourdement sur les classes moyennes et les plus pauvres. En renvoyant le projet de loi au Parlement, Ruto tente de trouver un équilibre entre la nécessité de financer le budget de l’État et les attentes de ses citoyens.

Les Prochains Pas du Président Ruto

Face à cette crise, la plus grave depuis son arrivée au pouvoir, M. Ruto s’adressera à la nation à 13h00 GMT, comme indiqué par son bureau. Les Kenyans attendent avec impatience de savoir si le président ordonnera au Parlement de modifier le projet de loi ou de le rejeter complètement. Cette allocution est cruciale, car elle déterminera les prochains pas du gouvernement et pourrait influencer la stabilité politique du pays.

En plus de l’allocution présidentielle, des manifestations sont prévues dans plusieurs villes du pays. Les leaders de l’opposition ont appelé à des marches pacifiques pour continuer de mettre la pression sur le gouvernement. Ils exigent non seulement des amendements au projet de loi, mais aussi des réformes plus larges pour améliorer la transparence et l’efficacité du gouvernement.

Implications Économiques et Politiques

Le refus de Ruto de signer le projet de loi fiscale a des implications profondes pour l’économie kenyane. Les hausses d’impôts étaient destinées à combler un déficit budgétaire important et à financer des projets d’infrastructure essentiels. Le rejet de ces mesures met en péril ces projets et pourrait entraîner une réévaluation des priorités budgétaires du gouvernement.

D’un point de vue politique, cette crise met en lumière les divisions au sein du gouvernement et entre le gouvernement et le peuple. La décision de Ruto de renvoyer le projet de loi au Parlement peut être vue comme une tentative de conciliation, mais elle souligne également la fragilité de sa position. Les observateurs politiques suivront de près les réactions des parlementaires et des autres acteurs politiques dans les jours à venir.

Des voix se sont élevées pour appeler à la réconciliation et au dialogue. Les leaders religieux et communautaires ont exhorté le gouvernement et les manifestants à trouver une solution pacifique à cette crise. Ils ont mis en garde contre les risques d’escalade de la violence et ont plaidé pour des discussions constructives pour résoudre les problèmes économiques et sociaux sous-jacents.

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La décision du président William Ruto de renvoyer le projet de loi de finances au Parlement marque un tournant dans la politique kenyane. Elle souligne les défis auxquels le pays est confronté en matière de gestion économique et de gouvernance. Alors que les manifestations se poursuivent et que le Parlement se prépare à examiner les amendements proposés, l’avenir politique et économique du Kenya reste incertain. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer la direction que prendra le pays et la capacité de ses dirigeants à répondre aux attentes de leurs citoyens.


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