L’annonce de la réouverture prochaine de l’aéroport international de Goma, faite à Paris par le président français Emmanuel Macron, suscite déjà des remous politiques et diplomatiques dans la région des Grands Lacs. Alors que Kinshasa salue un « signal fort » en faveur du retour de la paix et de l’aide humanitaire, le mouvement rebelle AFC/M23, appuyé par Kigali, exige d’être associé au processus et met en garde contre toute « décision unilatérale ».
Une annonce symbolique depuis Paris
Lors de la Conférence de Paris sur la paix dans la région des Grands Lacs, Emmanuel Macron a annoncé la réouverture « dans les prochaines semaines » de l’aéroport international de Goma, fermé depuis plusieurs mois en raison des affrontements entre les FARDC et les rebelles du M23.

Selon le président français, cette mesure vise à permettre la reprise de vols humanitaires et le rétablissement de corridors sécurisés pour l’acheminement de l’aide internationale, « dans le respect de la souveraineté congolaise ».
Kinshasa a accueilli favorablement l’annonce, soulignant qu’il s’agit d’un « acte concret » de solidarité envers les populations du Nord-Kivu. Le gouvernement a néanmoins rappelé que toute décision concernant les infrastructures aéroportuaires relève exclusivement de l’autorité congolaise.
L’AFC/M23 réclame une concertation préalable
Dans un communiqué publié vendredi matin, le mouvement AFC/M23 — qui contrôle de facto plusieurs zones autour de Goma — a salué l’initiative humanitaire mais exigé d’être consulté avant toute réouverture effective.

Le mouvement, soutenu par Kigali selon plusieurs rapports de l’ONU, affirme que « toute décision concernant Goma doit impliquer les forces présentes sur le terrain » et conditionne sa coopération à « une reconnaissance du processus de Doha », cadre de négociation qu’il privilégie avec le gouvernement congolais.

Du côté du Rwanda, le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a estimé que « la Conférence de Paris n’était pas le cadre approprié pour une telle annonce », jugeant qu’une réouverture de l’aéroport devrait être discutée « dans le cadre du dialogue entre Kinshasa et le M23 ».
Kinshasa hausse le ton
Réagissant à ces prises de position, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a mis en garde contre « toute agitation ou manœuvre susceptible de remettre en cause les engagements pris à Paris ».

« La souveraineté de la République démocratique du Congo n’est pas négociable », a-t-il déclaré, rappelant que l’aéroport de Goma reste « une infrastructure nationale sous autorité congolaise ».
Un symbole de plus dans une paix fragile
La réouverture de l’aéroport de Goma, essentielle pour l’accès humanitaire et le commerce régional, revêt une forte charge symbolique dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali.
Alors que la communauté internationale espère y voir un pas vers la désescalade, les conditions posées par l’AFC/M23 et les réserves exprimées par le Rwanda illustrent la complexité du dossier.
Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la reprise des vols. Les discussions devraient se poursuivre dans les jours à venir, sous l’égide de la Conférence de Paris et du Processus de Doha.
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