Vingt ans après la promulgation de la Constitution du 18 février 2006, le débat sur son application et sa possible révision refait surface en République démocratique du Congo. Dans une tribune publiée mercredi, Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, a livré une charge frontale contre toute velléité de modification du texte fondamental.

RDC-20 ans après la Constitution : Kamitatu sonne l’alarme et met en garde contre toute révision 1
RDC-20 ans après la Constitution : Kamitatu sonne l’alarme et met en garde contre toute révision 3

Pour lui, l’urgence n’est pas de réécrire la loi suprême, mais de l’appliquer dans toute sa rigueur.

« Appliquer la Constitution, c’est rétrocéder aux provinces les 40 % qui leur reviennent de droit. C’est faire du Premier ministre le véritable chef du gouvernement, et non un exécutant révocable au bon plaisir du palais. C’est garantir l’indépendance effective du pouvoir judiciaire. C’est organiser des élections dont la légitimité ne soit plus contestée dès le lendemain du scrutin », a déclaré Olivier Kamitatu.

Dans son analyse, le problème congolais ne réside pas dans la qualité du texte adopté en 2006, mais dans son non-respect. Il pointe notamment la question sensible de la rétrocession financière aux provinces, l’équilibre institutionnel entre le président et le Premier ministre, ainsi que l’indépendance de la justice.

RDC-20 ans après la Constitution : Kamitatu sonne l’alarme et met en garde contre toute révision 2
RDC-20 ans après la Constitution : Kamitatu sonne l’alarme et met en garde contre toute révision 4

Plus incisif encore, Kamitatu met en garde contre toute tentative de révision constitutionnelle qu’il juge motivée par des intérêts politiques :

« Celui qui veut changer la Constitution de 2006 ne veut pas améliorer la République. Il veut se débarrasser des limites que la République lui impose. On ne change pas les règles du jeu quand on a perdu la confiance du peuple. On rend les clés. »

Au cœur de son plaidoyer figure également l’intangibilité de l’article 220, souvent cité dans les débats institutionnels, et qui verrouille certaines dispositions essentielles du texte constitutionnel.

Selon lui, la crise congolaise est avant tout une crise de gouvernance et de respect de l’État de droit :

Le Congo n’a pas échoué parce que la Constitution serait mauvaise.

Il échoue parce qu’elle n’est pas appliquée. Changer le texte ne résoudra rien.

Respecter l’article 220, garantir la légitimité des institutions, restaurer l’État de droit…voilà l’urgence.

Vingt ans après son adoption, la Constitution de 2006 demeure, pour les proches de Moïse Katumbi, non pas un obstacle, mais un cadre à défendre.


En savoir plus sur Wab-infos

Subscribe to get the latest posts sent to your email.