Le président congolais Félix Tshisekedi séjourne à Doha pour participer au Sommet mondial pour le développement social, prévu du 4 au 6 novembre au Qatar. Mais derrière le vernis diplomatique de cette rencontre internationale placée sous l’égide des Nations unies, le chef de l’État congolais mène aussi un combat politique et diplomatique plus brûlant : isoler Kigali et relancer le front diplomatique contre la rébellion de l’AFC/M23 actif dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Un sommet social aux allures de tribune politique

À Doha, le sommet réunit plusieurs chefs d’État et responsables internationaux autour des thèmes de la pauvreté, des inégalités, du travail décent et de la justice sociale. Pour Tshisekedi, il s’agit d’une plateforme idéale pour rappeler que la guerre à l’Est de son pays n’est pas seulement un enjeu sécuritaire, mais aussi une tragédie humaine et sociale.

« La RDC ne peut pas se développer tant qu’elle subit l’agression d’un voisin », a déclaré un membre de la délégation congolaise à la presse locale.

« Le président veut que la communauté internationale comprenne que les violences imposées par le Rwanda et le M23 détruisent le tissu social congolais. »

Doha, nouveau terrain diplomatique

En marge du sommet, Tshisekedi a multiplié les échanges bilatéraux avec les autorités qataries, connues pour leur rôle de médiateur dans plusieurs conflits régionaux. Selon des sources proches du dossier, il entend profiter de la relance annoncée des discussions de paix de Doha entre Kinshasa et le M23, suspendues depuis plusieurs mois.

Des émissaires du mouvement rebelle, désormais regroupé sous la bannière Alliance Fleuve Congo (AFC), seraient attendus pour de nouveaux entretiens sous médiation qatarie. L’objectif : obtenir un cessez-le-feu durable et ouvrir la voie à une réintégration politique des combattants, tout en maintenant la pression sur Kigali, accusé par Kinshasa de soutenir militairement les rebelles , accusation que le Rwanda continue de nier.

Un front diplomatique contre Kigali

La présence de Tshisekedi à Doha s’inscrit dans une stratégie plus large visant à internationnaliser le conflit de l’Est. Ces dernières semaines, Kinshasa a intensifié ses démarches auprès des Nations unies, de l’Union européenne et de l’Union africaine pour dénoncer l’implication du Rwanda dans l’instabilité régionale.

Le président congolais espère que le Qatar, partenaire neutre et respecté sur la scène diplomatique, servira de levier pour amener Kigali à la table des négociations.« Le président Tshisekedi veut que la RDC ne soit plus vue comme une victime silencieuse, mais comme un acteur stratégique de paix et de développement », confie un diplomate congolais à Doha.

Malgré cette dynamique, plusieurs observateurs appellent à la prudence. Les précédentes sessions de négociations à Doha, débutées au printemps 2025, avaient buté sur des divergences majeures : absence de cessez-le-feu effectif, méfiance entre les délégations, et rejet du processus par certains groupes armés pro-gouvernementaux, notamment les Wazalendo, hostiles à toute concession envers le M23.

Le calendrier initial prévoyait une feuille de route d’ici août 2025, mais aucun accord tangible n’a encore émergé.


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