Il y a un an jour pour jour, Goma basculait. Après plusieurs jours d’affrontements intenses, l’AFC/M23 prenait le contrôle de la principale ville de l’Est de la République démocratique du Congo, avec l’appui décisif de forces rwandaises, selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux. Une chute brutale qui a marqué un tournant dans le conflit armé qui ravage la région depuis des décennies.

Douze mois plus tard, le mouvement politico-militaire est toujours solidement installé. Loin de se limiter à une occupation militaire, l’AFC/M23 multiplie les initiatives visant à consolider son pouvoir : mise en place d’une administration parallèle, contrôles accrus de la population, gestion directe de certaines activités économiques et sécuritaires. À Goma, le quotidien s’organise désormais sous une autorité de fait.

Goma, un an sous contrôle : entre résilience forcée et emprise renforcée de l’AFC/M23 1
Goma, un an sous contrôle : entre résilience forcée et emprise renforcée de l’AFC/M23 2

Une ville marquée par les blessures du conflit

Les combats de janvier 2025 ont laissé des traces profondes. Quartiers détruits, infrastructures endommagées, familles endeuillées : la mémoire des affrontements reste vive dans les esprits. Si les armes se sont tues, la peur, elle, persiste. Nombre d’habitants témoignent d’un climat d’incertitude permanent, rythmé par des contrôles et des restrictions de mouvement.

À cette insécurité s’ajoute un bouleversement économique majeur : l’absence de banques. Depuis la prise de la ville, les institutions bancaires sont restées fermées, plongeant la population dans un système fondé presque exclusivement sur le cash, les transferts informels et les réseaux de solidarité. Une situation qui complique les échanges, freine les investissements et accentue la précarité.

Une économie qui survit, une population qui s’adapte

Malgré tout, Goma continue de vivre. Les marchés ont rouvert, les commerces ont repris peu à peu leurs activités et la circulation s’est densifiée. Par nécessité, les habitants ont développé de nouvelles stratégies de survie : troc, microcommerce, réseaux de confiance et entraide communautaire.

Mais cette reprise reste fragile. L’incertitude politique, l’absence d’un cadre institutionnel reconnu et la crainte d’une reprise des combats pèsent lourdement sur les perspectives d’avenir. Pour beaucoup, la priorité demeure la sécurité, avant toute relance durable.

Un avenir toujours suspendu

Un an après la chute de Goma, la ville se trouve à la croisée des chemins. Entre une occupation qui s’installe dans la durée et une population contrainte de s’adapter, l’espoir d’un retour rapide à la paix semble lointain. Dans cette région meurtrie, le temps n’efface ni les blessures ni les inquiétudes, et l’avenir reste suspendu aux évolutions d’un conflit dont l’issue demeure incertaine


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