Une motion de défiance a été déposée, lundi 13 avril 2026, au bureau de l’Assemblée nationale contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo.
L’initiative est portée par le député national Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani (province de la Tshopo). Selon plusieurs sources concordantes, le document a déjà recueilli au moins une cinquantaine de signatures, certaines évoquant un total de 56 appuis.
Les signataires reprochent au vice-Premier ministre une insuffisance dans la gestion de la sécurité, notamment face à la recrudescence du banditisme urbain à Kinshasa et dans plusieurs grandes villes du pays. Ils pointent la persistance des braquages, cambriolages, agressions ainsi que du phénomène des « kuluna », en dépit des opérations policières en cours.
La motion met également en cause les résultats de l’opération Ndobo (« Hameçon »), lancée pour lutter contre la criminalité urbaine.
Récemment auditionné à l’Assemblée nationale sur la situation sécuritaire à Kinshasa, Jacquemain Shabani a présenté les mesures engagées sous son autorité. Il a notamment évoqué :
- l’intensification de l’opération Ndobo, ayant permis, selon les chiffres officiels, l’interpellation de milliers de présumés criminels ;
- un programme de recrutement et de formation de 90 000 policiers sur la période 2026-2030 ;
- le renforcement des moyens logistiques de la Police nationale congolaise, incluant véhicules et bus ;
- des réformes structurelles, notamment une loi de programmation pour la réforme de la police et la réhabilitation des infrastructures de formation.
Au sein de la majorité parlementaire, notamment à l’UDPS, certains cadres perçoivent cette démarche comme une initiative à portée politique, davantage qu’une remise en cause strictement technique du bilan sécuritaire.
La motion est désormais entre les mains du bureau de l’Assemblée nationale, présidé par Aimé Boji Sangara, élu en novembre 2025. Conformément au règlement intérieur, elle devra être examinée, ce qui pourrait conduire à une nouvelle audition du patron de l’intérieur, suivie d’un débat et d’un vote en plénière.
Dans la pratique parlementaire congolaise, les motions de défiance donnent souvent lieu à des négociations politiques ou sont rejetées sous l’effet de la discipline de vote de la majorité. Toutefois, la persistance de l’insécurité, largement dénoncée par l’opinion publique, pourrait peser sur l’issue de la procédure.
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