Selon la citation à prévenu délivrée par le greffe de la Cour de Cassation à l’honorable Jean-Marc Kabund, le procès du précité devrait s’ouvrir le lundi 05 septembre 2022, en mode d’audiences foraines, à la Prison Centrale de Makala.

Il appert, à la lecture de l’acte d’accusation à sa charge, qu’il est appelé à répondre de plusieurs infractions d’une extrême gravité, notamment celles d’offenses au Chef de l’Etat et aux autorités nationales, d’injures publiques, de propagation de faux bruits, d’imputations dommageables, etc.

Jean-Marc Kabund

Au regard du dossier judiciaire de Jean-Marc Kabund, d’aucuns se demandent s’il saura, avec le concours de son panel d’avocats, justifier les propos outrageants qu’il avait tenus, le lundi 18 juillet 2022, en marge de l’annonce de la création de son parti politique, « Alliance pour la République », à l’endroit du Président
de la République, des membres de plusieurs institutions de la République, des cadres de son parti ainsi que de son discours démobilisateur des forces de défense et de sécurité en cette période de « guerre » entre la RDC et le Rwanda, par le mouvement terroriste M23 interposé.

Sa position est d’autant fragile qu’il ne pourra pas se cacher derrière le parapluie d’une présumée mauvaise interprétation de ses déclarations, diffusées aussi bien par les médias écrits qu’audiovisuels.

Jean-Marc Kabund est allé très loin dans des allégations de pillages des finances publiques par le Chef de l’Etat en personne que par des animateurs des institutions de la République. La justice attend de ce prévenu, le moment venu, les preuves en rapport avec des millions de dollars américains qui s’évadent vers des paradis fiscaux, avec comme donneurs d’ordres les personnalités qu’il a épinglées dans son fameux point de presse du lundi 18 juillet 2022.

Selon les premiers échos parvenus aux médias et aux réseaux sociaux, Jean-Marc Kabund aurait opté délibérément pour sa détention préventive à la Prison Centrale de Makala, en lieu et place du régime de la « résidence surveillée » dans sa villa de Kingabwa. Vrai et faux, la réalité est qu’une semaine seulement après avoir été placé dans cet univers carcéral, ses avocats ont rapidement articulé une requête sollicitant sa mise en résidence surveillée chez lui.

Depuis maintenant trois semaines, les choses sont restées à l’état, donnant lieu à une forte agitation tant du côté des avocats que des sympathisants du prévenu, qui se sont mis à accuser le Parquet général près la Cour de Cassation de mauvaise foi. Plus les jours passent, et davantage s’effrite l’enthousiasme de Kabund à vivre comme détenu.

Cela étonne plus d’un observateur, témoin de l’attitude triomphaliste de ce député national, le jour de la délivrance d’un MAP (Mandat d’Arrêt Provisoire) contre lui, suivie de son transfert à la Prison Centrale de Makala. Entre la vie de pacha à Kingabwa et une prison, le fossé est grand. Kabund est en train de l’apprendre à ses dépens.

Par Gédéon Ngango


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