En République Démocratique du Congo, la récente décision de partage des limites des zones d’opérations par la force régionale de la communauté de l’Afrique de l’Est (EACRF) après le retrait des terroristes du M23 fâche. La décision a été annoncée dans une nouvelle Feuille de route tracée le 09 février dernier par les chefs d’état-major régionaux.
En réaction, Firmin Yangambi Libote, avocat et activiste des droits de l’Homme basé à Kisangani, se dit « très » énervé par ce qu’il considère d’un abandon « absolu » de la souveraineté sur une bonne partie du territoire national.
Pour lui, il s’agit d’un acte de haute trahison et une balkanisation officielle du pays. Il pointe d’un seul doigt accusateur Félix Tshisekedi et ses collaborateurs d’en être l’auteur.
« En tant que citoyen congolais, je ne peux pas décolerer à constater un abandon absolu de la souveraineté nationale sur une bonne partie du territoire national. Cette partie abandonnée sous contrôle de l’EAC est grande en superficie que le Rwanda qui convoite de parties de la RDC. Il s’agit pour moi d’un acte de haute trahison pour laquelle les auteurs sont connus. Ce sont le Chef de l’État Félix Tshisekedi et ses collaborateurs. Ils doivent être poursuivis », a réagi Me Firmin Yangambi, dans une entrevue, ce mardi 14 février 2023.
En clair, Yangambi estime que, de près et où de loin, ce réajustement de contrôle des zones d’opérations par les différents contingents de la force régionale de l’EAC va profiter au Rwanda, pays voisin aux velléités bellicistes, plusieurs fois accusé de soutenir le M23.
« Je ne vois pas, aujourd’hui, l’armée ougandaise donc Museveni venir empêcher l’armée rwandaise donc Kagame et ses alliés M23 de se promener à Kiwanja, à Bunagana, dans le Rutshuru. Le régime de Kagame est le fruit du régime de Museveni. Le véritable parrain de cette entreprise expansionniste et belliciste de Kagame, c’est Museveni. Le contrôle d’une partie de notre pays par l’armée étrangère telle que l’Ouganda est une véritable catastrophe. C’est de la balkanisation officielle », a-t-il expliqué.
Dans la même logique, l’ancien prisonnier politique sous le regime Kabila, pendant 10 ans, considère « d’enfantillage » la réaction de Kinshasa qui promet d’analyser minutieusement le nouveau plan de ladite force régionale. Selon Yangambi, le pays est en guerre et il faut se défendre.
« La guerre est un droit légitime de tout État agressé. Le Congo est en guerre, et je ne comprends pas pourquoi Félix Tshisekedi et ses collaborateurs disent que le pays ne veut pas la guerre. La guerre s’impose à nous, il faut la faire. Si Tshisekedi, Lutundulu et les autres ne sont pas capables de faire la guerre, il faut qu’on s’occupe d’eux, qu’on les sortent du pouvoir, qu’on donne le pouvoir aux gens qui sont capables de faire la guerre », a vociféré Firmin Yangambi.
Notons que c’est dans un contexte tendu que les chefs d’état-major de l’EAC se sont retrouvés, le 9 février à Nairobi, pour une réunion stratégique. L’objectif était, une nouvelle fois, de discuter des modalités d’action de la force régionale, de plus en plus critiquée à Kinshasa.
Au sortir, des nouvelles mesures ont été prises entre autres les armées étrangères vont se partager les zones conquises par les M23 après leur retrait. Ce plan prévoit que l’armée du Burundi va occuper Sake, Kilolirwe et Kitchanga. Bien aussi, le Sud-soudan et Kenya vont gérer Rumangabo. Le Kenya sera Kibumba, Tongo, Bwiza et Kishishe. Pendant ce temps, l’armée ougandaise va occuper Bunagana, Kiwanja et Mabega.
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