Alors qu’elle mettait au monde son deuxième bébé, Rougui Sow a eu la fistule obstétricale. Pendant trois ans, elle a vécu avec cette terrible maladie. Aujourd’hui, après avoir bénéficié d’un programme de l’UNFPA, elle est guérie et elle brise le silence. Témoignage.

C’est à Diam Welly, un quartier périphérique de la commune de Tambacounda, que vit la dame Rougui Ba. Mariée une première fois, elle a eu un premier bébé. Après le divorce, elle s’est remariée. De cette seconde union, elle a eu un deuxième enfant. Mais les choses ne se sont passées comme prévu. En effet, habitant loin de l’établissement sanitaire, elle a eu son bébé en cours de route. Elle a été victime de fistule, à cause de l’accouchement non assisté. Ce fut le début d’un calvaire qui a duré trois longues années.  » Cette maladie m’a beaucoup fatiguée. J’ai vendu tous mes biens pour me soigner, en vain. C’est en ce moment que j’ai bénéficié de ce programme de l’UNFPA pour être opérée. Je n’en revenais pas. Je me suis mariée à 17 ans. Actuellement, j’ai 40 ans ’’.

Rougui Sow

La dame poursuit : ‘’ Je n’étais pas rejetée. J’alternais traitement médical et traditionnel. Je souffrais beaucoup de cette maladie avec ses écoulements. A cela s’ajoute qu’elle ne me permettait pas de sortir de la maison. J’étais tout le temps enfermée. J’ai eu cette maladie, quand j’accouchais de mon deuxième enfant. C’était en 2016. J’ai accouché en allant à l’hôpital. Je n’avais pas bénéficié d’assistance. »

Par contre, elle a pu bénéficier du soutien de ses proches. Elle confie : ‘’ Je ne pouvais pas prier. Par contre, je m’occupais bien de mon bébé. D’ailleurs, les voisines m’aidaient beaucoup. Elles m’assistaient sur tous les aspects. Je n’ai jamais manqué de rien. Avant, j’entendais juste cette maladie, mais je ne pensais pas que cela allait m’arriver. Celles qui l’avaient la soignaient avec la médecine traditionnelle. Actuellement, je me sens très bien. Je ne ressens rien du tout. Aucune séquelle chez moi ’’.

Il faut dire que dans la région, il n’est pas rare de rencontrer des femmes qui ont contracté la maladie. ‘’ Ma propre sœur, dit-elle, a été abandonnée par son époux, quand elle a eu cette maladie, la fistule obstétricale. Je l’ai récupérée et elle s’en est bien sortie, après une deuxième opération. Actuellement, elle a repris ses activités, après que son mari est revenu la reprendre, après quelques médiations. Elle est repartie chez elle « . Elle renchérit :  » J’en ai compté dans plusieurs endroits de cette partie du pays. Plus de 15 femmes qui souffrent de la même maladie que moi.’’

‘’ Mon projet a été financé à hauteur de 500 000 F CFA ’’

En effet, après son opération en 2019, Rougui a bénéficié d’un soutien, dans le cadre du suivi pour son réinsertion, de la part de l’UFNPA.  » Ils m’ont financé une machine à moudre et un frigo. J’y règle mes soucis financiers et ceux de mes proches. S’il y a lieu de faire la même chose ailleurs, j’en serai ravie, car ce problème est grave et beaucoup sont victimes et leurs époux n’ont pas les moyens. Donc, s’il y a lieu d’élargir ce projet, qu’ils le fassent, car des victimes sont nombreuses dans cette zone. C’est l’appel que nous leur lançons. Je gagne comme bénéfice mensuel de 15 000 à 25 000 F avec mon projet qui a été financé à hauteur de 500 000 F CFA. Puisque les voisines me rendaient service, à travers la cuisine, le linge mais aussi d’autres tâches quand j’étais malade, je ne les ai pas oubliées, quand j’ai été financée. Actuellement, 26 femmes dans le quartier sont dans ce projet de réinsertion. Avec ce projet, j’appuie mon mari dans les dépenses quotidiennes, l’éducation des enfants et autres« , se réjouit-elle.

La fistule obstétricale est l’une des lésions les plus graves et les plus dangereuses, susceptibles de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, due à un arrêt prolongé du travail, en l’absence de soins obstétricaux. Elle provoque une fuite d’urine et/ou de matières fécales par le vagin et entraîne à plus long terme des problèmes médicaux chroniques. Les femmes qui en souffrent sont souvent condamnées à la dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté. Ce problème peut être évité, selon les spécialistes, grâce à une assistance médicale adéquate et sa survenue constitue une violation des droits humains et un rappel des inégalités flagrantes.

Wab-infos.com



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